jeudi 31 août 2017

Learn to learn

C'est en créant qu'on apprend.

En créant, l'intuition relie les formes du simple au complexe. "intelligence" vient en effet du latin "inter-ligere", "entre-lier".

Quand je lis le mot "pomme", je pense à une pomme, à sa forme, ses couleurs, son goût, au pommier, ce que j'ai en mémoire... C'est parce que la forme "pomme" est connectée à mon intuition qui relie à d'autres formes, dont les langues étrangères : "apple" (Anglais), "Apfel" (Allemand), "ringo"(japonais), je ne sais pas encore l'écrire en chinois :-p.

Pour apprendre le chinois, prenons l'exemple la phrase : "J'étudie le chinois.", pinyin : "Wo xue zhongwen.", idéogrammes : "我学中文.". A première vue, c'est très difficile, mais en créant du simple au complexe, on y arrive facilement au bout d'un certain temps de pratique, plusieurs centaines d'heures quand même... Je le sais puisque j'y arrive, mais ce n'est pas terminé, j'en suis au deuxième passage de mon Assimil chinois, leçon 50 sur 105. On a appris le français de la même manière et il est devenu naturel pour nous, donc quand j'aurai connecté la forme à l'intuition le livre suffisamment de fois, il deviendra naturel aussi.

Revenons à notre phrase : "J'étudie le chinois.", "Wo xue zhongwen.", "我学中文.".

-forme intuition : je lis "Wo" "我" et je sais que cela signifie "je", donc mon intuition me fait penser à moi, mon nom, au fait que je vous écris, etc... La forme est donc connectée à l'intuition.

-intuition forme : je sais maintenant que je dois exprimer l'intuition "je" "moi" etc... dans la forme chinoise. Au premier essai, je n'y arrive pas forcément parfaitement, je n'arrive à écrire que le début de l'idéogramme, donc je vais regarder le modèle pour m'aider, je cache et je continue. Je recommence jusqu'à ce que j'arrive à exprimer l'intuition dans la forme chinoise.

Je fais fiif sur "xue" "学", "zhongwen" "中文", on remarquera qu'il est plus facile de fiifer sur "中" "zhong" "milieu" puis sur "文" "wen" "culture". Mais parfois les méthodes de langues ne donne pas la traduction idéogramme par idéogramme malheureusement. Si on veut se faciliter la vie, on peut également fiifer les clés qui constituent les idéogrammes car elles ont un sens, donc cela permet de les décomposer et de fabriquer une petite histoire qui aide à les mémoriser, on connecte les idéogrammes plus finement à l'intuition en somme puisque c'est elle qui connecte les formes pour en faire des histoires.

Ensuite, je fiife des blocs signifiants plus grands : "我学" "wo xue" "j'étudie" puis "中文" "zhongwen" "le chinois", et enfin la phrase complète "我学中文." "Wo xue zhong wen." "J'étudie le chinois.".

A chaque niveau, l'intuition relie immédiatement 5 éléments au maximum, c'est le nombre de comptage instantané. Faites le test : combien d'objets pouvez vous compter d'un coup ? Quand vous voyez 6 crayons éparpillés sur une table, voyez-vous directement les 6 ou bien comptez-vous plutôt mentalement 3+3 ?

Et voilà ! J'ai appris une phrase chinoise ! Bien sûr, je vais l'oublier partiellement, mais si je continue à créer, cela devient de plus en plus naturel, je vais retrouver ces différents mots dans d'autres phrases et la structure grammaticale également, donc je ne l'oublie plus à force de créer des formes connectées intuitivement à cette phrase. Un proverbe chinois dit : "Pour se souvenir, il faut oublier sept fois.".

Et puis, pensez au français, on a commencé à progresser quand on a commencé à l'écrire et à le parler. Lire et écouter ne suffit donc pas, il faut aussi créer inlassablement, comme dans tout apprentissage pour que cela devienne naturel. L'intuition relie peu à peu les formes du simple au complexe, en français : lettres, syllabes, groupes de syllabes, mots, groupes de mots signifiants etc...

Je passe ensuite à la phrase suivante. Avec le temps et le travail, cela devient de plus en plus naturel car le cerveau fait du "pattern recognition", c'est à dire qu'il reconnaît les motifs, les lois, les formes générales de niveau plus élevé. D'abord il connecte l'intuition aux idéogrammes, puis quand les idéogrammes sont naturels, l'intuition s'occupe de les connecter entre eux, ce sont les règles de grammaire.

L'histoire de l'humanité étant celle de son ascension vers le bien par le savoir, la progression de la technoscience est même exponentielle, Ray Kurzweil le montre très bien, donc cela laisse envisager un avenir lumineux. Il est ainsi fondamental de savoir comment on apprend.

J'espère que cette méthode créative que j'appelle "La méthode fiif" vous sera utile, comme elle l'est pour moi et mes élèves ^^. L'année dernière, mes lycéens travailleurs on augmenté leurs notes de 5 à 9 points en trois mois. Mais au-delà de la technique, soyez créatif, vous verrez que vous trouverez comment faire, votre intuition reliera les formes.

Work in progress :-).

jeudi 3 août 2017

Assimil chinois, début du 2ème fiif

Voilà, j'ai fait toutes les leçons, de 1 à 105 et j'en suis à la leçon 15 du deuxième passage, et je sens la progression. J'avais besoin de faire appel à la traduction pour avoir l'intuition qui relie à mes représentations mentales (formes mentales) quand je lisais la phrase chinoise (fi), et maintenant, je fais fi presque sans en avoir besoin. De même pour faire if, c'est à dire à partir de l'intuition, retrouver la forme chinoise. je fais beaucoup de phrases de tête, c'est à dire que je sais que je saurai retraduire en chinois à l'écrit sans regarder, et quand je bute sur un mot, je fiife à l'écrit et je refiife la phrase à l'écrit, à l'oral, ou mentalement, selon que je sois plus ou moins à l'aise. Si c'est clair, je le fais de tête, sinon à l'écrit pour m'entraîner à l'écrit et à l'oral pour m'entraîner à l'oral.

Je sais que plus je vais avancer, plus j'aurai besoin à nouveau de la traduction et de fiifer à l'écrit et l'oral, mais j'avance déjà beaucoup plus vite, et je commence à écouter les mp3 chinois pour me familiariser avec la vraie prononciation, alors que je me contentais du pinyin et des idéogrammes seulement. Je travaille ce dont mon intuition a besoin pour relier les formes, je ressens le besoin de travailler mentalement, à l'écrit ou l'oral, avec le support écrit ou audio.

Je fais fiif sur les blocs signifiants de plus en plus grands en reliant les blocs. J'ai fiifé les clés, ensuite je fiife les idéogrammes puis les groupes d'idéogrammes qui ont un sens intuitif, etc...  C'est toujours fiif que je fais à tous les niveaux. Quand le fiif des idéogrammes est facile, j'identifie plus facilement le motif de niveau supérieur, c'est à dire les règles de combinaisons des idéogrammes, les règles de grammaire afin d'exprimer l'intuition de la phrase. Au premier fiif, je lisais le texte entièrement en français afin d'avoir l'intuition globale du texte que j'allais connecter à la forme chinoise, et je ne le fais plus pour les premières leçons puisque je fais fi quasiment aussi facilement avec la forme chinoise qu'avec la forme française. Avec le temps et le travail, je progresse et tout devient facile, clair, jusqu'à être capable de faire ce que fait un chinois : lire ou écouter en comprenant, et aussi dire ou écrire ce mes idées, c'est à dire une intuition reliée à mes formes mentales que j'exprime dans la forme chinoise.

Par exemple, "Au revoir !" en chinois vient de l'intuition de séparation et de retrouvailles prochaines que je peux exprimer aussi en chinois : "Zài jiàn !" ou "再见 !", composé de "à nouveau" et "voir", deux intuitions qui ont la forme chinoise et qui combinées donnent une intuition plus complexe, je pourrais également exprimer cette intuition dans la forme anglaise : "See you soon !", ou allemande : "Auf wiedersehen !".

So, 再见 ! Au revoir !